Flat Tax (PFU) : Guide complet du prélèvement forfaitaire unique en 2026
Flat tax à 30 % : quand s'applique-t-elle, quand opter pour le barème progressif ? Comparatif détaillé et cas pratiques d'optimisation.
Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax, s'applique depuis 2018 à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de cession de valeurs mobilières. Fixé à 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS), il simplifie la fiscalité de l'épargne mais n'est pas toujours optimal. Ce guide vous aide à déterminer quand le conserver et quand opter pour le barème progressif.
Champ d'application du PFU
Le PFU de 30 % s'applique par défaut à l'ensemble des revenus du capital des personnes physiques. Sont concernés : les intérêts de livrets bancaires (hors livrets réglementés exonérés), les dividendes d'actions françaises et étrangères, les coupons d'obligations, les plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, obligations, OPCVM), les gains sur contrats d'assurance-vie (pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017 et les encours dépassant 150 000 €), ainsi que les produits des contrats de capitalisation.
Sont exclus du PFU : les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) qui restent totalement exonérés, les plus-values immobilières (régime propre), les revenus fonciers (barème progressif), et les gains réalisés dans un PEA après 5 ans (PS seuls).
Décomposition du PFU
Les 30 % du PFU se décomposent en deux éléments distincts. Les 12,8 % d'impôt sur le revenu constituent la part libératoire : ils remplacent le barème progressif. Les 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG à 9,2 %, CRDS à 0,5 %, prélèvement de solidarité à 7,5 %) sont identiques quel que soit le mode d'imposition choisi. Même en optant pour le barème progressif, vous paierez 17,2 % de PS.
Quand opter pour le barème progressif ?
L'option pour le barème progressif est pertinente lorsque votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %. Concrètement, si vous êtes non imposable (TMI à 0 %) ou dans la tranche à 11 %, le barème est plus favorable.
Attention : l'option pour le barème est globale. Elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année : dividendes, intérêts, plus-values, tout est basculé au barème. Vous ne pouvez pas choisir le PFU pour vos dividendes et le barème pour vos plus-values.
Pour un contribuable dans la tranche à 30 %, le PFU est systématiquement préférable : 12,8 % vaut mieux que 30 %. Dans la tranche à 11 %, l'économie est de 1,8 point (11 % vs 12,8 %). Mais cette économie peut être amplifiée par les abattements spécifiques au barème.
L'avantage de l'abattement de 40 % sur les dividendes
En optant pour le barème progressif, les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % avant application du barème. Ainsi, pour 10 000 € de dividendes perçus, seuls 6 000 € sont soumis au barème de l'IR. Pour un contribuable dans la tranche à 30 %, l'impôt sur le revenu est de 6 000 × 30 % = 1 800 €, soit 18 % du dividende brut. C'est supérieur aux 12,8 % du PFU (1 280 €).
Mais dans la tranche à 11 %, l'impôt au barème avec abattement serait de 6 000 × 11 % = 660 €, soit 6,6 % du dividende brut, bien en dessous du PFU. L'abattement de 40 % rend le barème très attractif pour les contribuables faiblement imposés percevant des dividendes importants.
CSG déductible : un avantage caché du barème
Autre avantage méconnu du barème progressif : une partie de la CSG (6,8 % sur les 9,2 %) devient déductible du revenu imposable de l'année suivante. Avec le PFU, aucune CSG n'est déductible.
Pour un contribuable percevant 50 000 € de dividendes et optant pour le barème, la CSG déductible représente 50 000 × 6,8 % = 3 400 €, générant une économie d'impôt de 3 400 × TMI l'année suivante. Cet avantage différé est souvent négligé dans les comparatifs mais peut peser dans la balance.
Cas pratiques de comparaison
Prenons un couple marié (2 parts) avec 60 000 € de salaires et 15 000 € de dividendes. Au PFU : 15 000 × 12,8 % = 1 920 € d'IR sur les dividendes. Au barème avec abattement : 15 000 × 60 % = 9 000 € ajoutés au revenu imposable. La TMI du couple étant à 30 %, l'IR supplémentaire est d'environ 2 700 €. Le PFU est ici préférable.
Autre cas : un retraité seul avec 20 000 € de pension et 8 000 € de dividendes. Au PFU : 8 000 × 12,8 % = 1 024 €. Au barème : 8 000 × 60 % = 4 800 € ajoutés au revenu, TMI à 11 %, IR supplémentaire d'environ 528 €. Le barème est nettement préférable, avec une économie de 496 €.
Plus-values et abattements pour durée de détention
Pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, l'option pour le barème progressif permet de bénéficier des abattements pour durée de détention : 50 % entre 2 et 8 ans de détention, 65 % au-delà de 8 ans. L'abattement renforcé pour les PME de moins de 10 ans peut atteindre 85 % au-delà de 8 ans.
Ces abattements ne s'appliquent qu'en cas d'option pour le barème. Si vous détenez des titres acquis avant 2018 avec d'importantes plus-values latentes, calculez précisément l'impact de l'abattement avant de vendre.
Comment exercer l'option ?
L'option pour le barème progressif se coche sur la déclaration de revenus (case 2OP). Elle est annuelle et révocable. Chaque année, vous pouvez comparer les deux scénarios et choisir le plus favorable. La plupart des simulateurs fiscaux (impots.gouv.fr) permettent de tester les deux options avant validation de la déclaration.
Conseil pratique : avant de valider votre déclaration, simulez systématiquement les deux options. Le gain peut représenter plusieurs centaines voire milliers d'euros selon votre situation. N'oubliez pas d'intégrer l'effet de la CSG déductible qui se matérialisera l'année suivante si vous optez pour le barème.
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